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Péreslavl-Zalesski

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Laissant derrière lui la Laure de la Trinité-Saint-Serge, le touriste suivra la route pittoresque allant vers le nord. La route monte et descend permettant d’admirer le paysage alentour. Bientôt apparaîtra la petite ville de Pereslavl-Zalesski, sise dans un site ravissant au bord du lac Plechtcheïevo.

Les environs de Pereslavl, propices à la vie, aux travaux des champs et à la pêche, étaient depuis fort longtemps habités, en témoignent les vestiges d’anciens sites d’habitation, le vieux bourg de Klechtcheno, ainsi qu’un légendaire dieu païn appelé « Pierre bleu ». C’était, en fait, un énorme rocher transporté ici de Scandinavie par les glaciers et qui durant plusieurs siècles effectuait de mystérieuses migrations sur la rive du lac, sortant de son fond ou du trou dans lequel les religieux l’avaient enterré.

La ville fut fondée en 1152 par l’énergique prince Youri Dolgorouki et baptisée du nom de la ville de Pereiaslava qui se trouvait au sud-est de Kiev à l’endroit où la rivière Troubèj se déverse dans le Dniepr. La rivière locale fut aussi baptisée Troubèj. Un tel emprunt de toponymes était une sorte de malice du prince désirant attirer les émigrants quittant Kiev et ses environs assaillis par les tataro-mongols et, par ce fait, souligner qu’il prenait la succession des princes de la glorieuse Russie kiévienne. Bâti sur la rive du lac, Pereslavl-le-Nouveau, comme on l’appelait alors, s’entoura de remparts de terre qui se sont conservés jusqu’à nos jours grâce aux pieux de chêne qui forment leur base. Les hauts remparts surmontés d’une enceinte, la rivière Troubèj et son affluent la Mourmaj et les marécages d’alentour, tout cela constituait le système défensif de la cité. De 1238 à 1253, PereslavI fut gouverné par le prince Alexandre Nevski qui s’était illustre par ses victoires sur les Suédois et les chevaliers Teutoniques. En février 1238, la ville fut incendiée par les hordes tataro-mongoles. Le prince fit reconstruire la ville et rétablit l’enceinte et ses tours.

Se développant au cours des siècles, Pereslavl se déploya sur plusieurs kilomètres le long du lac, occupant l’espace entre les deux collines qui ferment la vallée. Sur la colline nord, à la fin du XIe siècle fut fondé le monastère Saint-Nicétas, le plus ancien de la région (les bâtiments en pierre que nous voyons datent des XVI-XIXe siècles). Il porte le nom d’un saint local Nicétas, ancien percepteur d’impôts concussionnaire, qui pour se repentir, se fit stylite. A côté du monastère se trouve une source miraculeuse dite de Saint-Nicétas. Au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle, la ville se développa activement et devint un centre commercial important, possédant une industrie légère en peine extension. Parmi le grand nombre d’églises, principalement de style baroque, se distingue celle de la Présentation-au-Temple (ou d’Alexandre-Nevski) se dressant à flanc de coteau, construite en 1776, et qui avec son portique à colonnes trahit l’influence d’un nouveau style, plus strict et laconique, le classicisme.

De la colline nord s’ouvre un large panorama sur la ville avec, au sud, la silhouette du monastère de Goritski et sa cathédrale de la Dormition. Ce monastère fut fondé au XIVe siècle sous Ivan Kalita aux frontières sud de la ville, au croisement des routes venant de Moscou et de Serguiev-Possad. Sa position stratégique en fit une proie constante des assaillants. Souvent attaqué, il brûla plusieurs fois. Ne nous sont parvenus que les bâtiments des XVI-XIXe siècles. Du point de vue architecture, les plus intéressants monuments se disposent dans la partie sud-est de l’enceinte monastique où se dressent la maison de Garde jouxtée par des portes, au sud les portes Saintes avec au-dessus l’église Saint-Nicolas et, à l’est, les portés Cochères. Ces dernières, au décor opulent, trahissent les tendances ornementales caractéristiques pour la seconde moitié du XVIIe siècle. On remarquera l’original décor obtenu par l’ingénieuse disposition des briques et les niches ouvragées ornées de chevaux moulés d’un style naïf simple mais élégant. Le fronton rocaille fut érigé postérieurement. Ces portes produisent un effet particulier lorsqu’elles sont éclairées directement par le soleil, c’est alors que dans l’enchevêtrement de la lumière, des ombres et des reflets apparaît dans toute sa beauté l’astucieuse combinaison de l’appareil de briques.

Le monastère abrite un musée d’Histoire et d’Art possédant une des plus riches collections comparée à celles des autres musées provinciaux. On notera le département présentant des icônes sculptées et des sculptures et celui des peintures exposant des œuvres d’Ivan Chichkine, Constantin Makovski, Henrich Semiradski, Alexandre Benois, Zinaïda Serebriakova.

On transféra sur le territoire du monastère deux chapelles en bois provenant de villages des environs de Pereslavl. A côté d’elles, par contraste, se détache solennellement la cathédrale de la Dormition. Cet édifice de style baroque se distingue par son plan complexe, sa composition étagée, le décor de ses chambranles, la diversité de ses pilastres, le fractionnement de ses façades et l’originalité de ses tambours. Les intérieurs sont somptueux. Les murs et les voûtes sont couverts de fresques et de nombreux détails moulés : corniches, arcatures, linteaux, cartouches, guirlandes de fleurs, chérubins et anges. Les moulures blanches se détachent avec beaucoup d’effet sur le fond bleu ciel des murs. La majestueuse iconostase à multiple registres est un parfait ouvrage en bois sculpté. Cette œuvre, unique par son état de conservation, réalisée par Yakov Joukov, inclue aussi des groupes sculptés, des détails architecturaux aux profils complexes et différents motifs ornementaux.

Le monastère Saint-Nicolas, qui se trouve près de l’enceinte fortifiée, est aujourd’hui en pleine restauration. Une partie de ses murs défensifs dotés de petites tours, nous montre l’évolution du système de fortification des monastères allant de la puissante muraille à des constructions plus décoratives.

Près de l’église de la Présentation-au-Temple et du monastère de Goritski se dresse celui de Saint-Daniel se distingant par la silhouette originale de ses édifices religieux où se sont conservées les fresques exécutées au XVIIe siècle par le célèbre atelier de Gouri Nikitine. Sur la route de Moscou se trouve encore le monastère Saint-Théodore dont les plus anciennes constructions remontent à l’époque d’Ivan le Terrible.






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