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Partie V : Tchilik 2/3 (Bain russe et Rapide du Cavalier)

Après une journée de descente tranquille (train de vague III, IV et les "cascades de Tchilik" constituée de 7 ou 8 petits seuils de 1m50 environ chacun classé IV+, nous arrêtons très tôt aujourd’hui. Car il y a demain un gros passage que nous voulons faire tôt en mâtinée pour avoir moins de débit d’eau, et aussi parce que comme ça nous aurons pour une fois le temps de faire un ... bain russe !

Bagna !

Pour cela, il faut :

couper les arbres laissés morts par l’incendie de forêt de l’année précédente, transporter les troncs jusqu’au bord de la rivière,

les assembler avec un maximum de pierres de bonne taille,

mettre le feu au tout,

attendre que ça brûle pendant 2 ou 3 heures et monter la tente de sudation pendant ce temps, revenir lorsque la braise est au plus chaud, et les pierres aussi surtout,

se saisir d’un premier paquet de pierres (ah oui et puis se mettre à poil aussi),

mettre les pierres sous la tente, la refermer ensuite,

rentrer sous la tente, mettre de l’eau sur les pierres par louchées successives et de plus en plus insuportables (c’est un sauna très chaud - la tente garde très bien la chaleur - avec environ 10 fois plus d’humidité que ce que l’on met d’habitude), se flageller avec des branches de feuillus ou se faire frapper le dos par les autres co-locataires du moment, et parfois aussi ventiler l’air de dessous la tente en le brassant avec ces mêmes branches. Je peux vous dire qu’on perd des toxines comme ça. Ca marche très bien. Si l’on veut, puisqu’on amène les réserves d’eau déjà chaude (pour gagner en calorie et ne pas refroidir les pierres trop vite) on peut aussi laisser une branche de sapin dans l’eau, comme ça, ça fait aussi office contre le rhume ;-)

Et après, lorsque c’est vraiment devenu insuportable ou bien quand on en a marre (quand on est arrivé au stade où on supporte tout), on sort et on va le plus vite possible... ... se jetter dans la rivière à 7°C. Gâce à la corde de sécu on se jette corps et âme, et on s’immerge totalement dans l’eau. Ca fait un bien fou !

Plus tard, dans la soirée, j’en profite pour réparer mon kayak avec un stylo-braise (une branche sortie du feu).

Faire fondre légérement le plastique pour ressouder les fissures qui ont vu le jour à cause de la descente de la montagne.

Et le lendemain, c’est le rapide du "Cavalier". Classé VI par les russes, un gros V+ à mon avis qui vaut le déplacement. 1,5 Km de remous bien technique et plusieurs eskimautages sportifs.

Ici Alexis et Nastia.

Une grosse vague comme ça doit se prendre bien à la perpendiculaire, alors comme de face ça ne s’annonce pas faisable, autant y aller à reculons ;-)

Je m’arrête un peu pour souffler dans un contre-courant, et puis c’est reparti.

L’eskimautage (en 5 tentatives, la dernière réussie) se fait derrière le coude, donc pas d’images, désolé. C’est déjà le second eskimautage du rapide.

Par la suite, un troisième eskimautage s’avère un peu plus rude puisque j’y casse le bout de la pagaie, juste en dessous de là où il est écrit "Shock Absorbing System" m’enfin.

Sauf qu’arrivé au bout de ce segment, c’est le mauvais gîte ("gîter" signifie "pencher son bateau") et plouf.

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