Revenir au Camp de Base c’est l’occasion de faire le point matériel, de terminer, pour Yuri, les coutures d’une sur-combinaison "spécial catamaran" anti-chocs confectionnée à base d’un pantalon K-way et de matelas de sol, ou comme ci-dessous, pour moi, de recharger la ceinture de batteries qui rechargera à tout instant les batteries des caméras et des appareils photos ou les piles des talkie-walkies.
Elle a fait sensation, et a surtout très bien rempli son rôle. Le panneau solaire est également utilisable seul, sans régulateur, pour directement charger une batterie de caméra. 30 minutes suffisent alors pour y insuffler 1h30 d’autonomie.
Puisque les autres membres de l’équipe montent leur catamaran et que le kayak est déjà prêt après quelques petits travaux, j’en ai profité pour faire un four en pierre autour du foyer, au grand bonheur de Viera qui va ainsi pouvoir nous faire les premiers petits-pains fourrées à la viande et aux oignons de la descente. Par la suite ils seront successivement au sucre, aux baies, au fromage...
Après une journée d’attente infructueuse, Yuri et Viera partent 2 km plus bas pour trouver le second groupe qui devait nous rejoindre juste pour la partie rivière de l’expédition. C’est alors à ce moment là qu’il captent enfin un message radio. Ils sont encore au pied du glacier du col-frontière (ils sont suivi le même chemin que nous) et eux aussi n’ont pas pu être transportés plus loin que la frontière. Malheureusement ils ne sont pas équipés pour la montagne : pas de chaussures de marche très solide, pas d’habits très chaud, et surtout pas de bouteilles de gaz pour la cuisine.
Aussi, nous remontons une TROISIEME FOIS au glacier pour aller chercher une partie de leurs bagages, car eux aussi ammènent avec eux des catamarans, de la nourriture, et des tonnes de vodka ( !). Levé à 06h30 du matin nous les trouvons sur le chemin vers le glacier, au sortir de la tente, congelés et presque tous un peu "retournés", probablement à cause de l’altitude. Ils n’ont pas vraiment mangé, n’ont pas vraiment faim, mais ce n’est pas le moment de s’éternisé. Nous poursuivons la montée pour aller prendre les sacs de 60 Kg restant à prendre pendant qu’eux défont les tentes et descendent leurs propres sacs à dos tout aussi lourds. Eh oui, ils en avaient deux en tout par personne. C’est que ça prend un petit peu de place tout de même un catamaran.
Une fois arrivé au Camp de Base chacun se met aussitôt à l’assemblage des bateaux.
Car nous prévoyons de descendre le premier tronçon de la rivière le soir même, embarcation prévue à 17h00.
Ci-dessous le catamaran de Marina et Dima II, de confection professionnelle (marque TRITON).
Fixation des barres d’aluminium par anneaux en plastique. Ils ont la particularité de rompre lorsque le choc est trop important pour protéger les barres d’un éventuel pliage. C’est pas bête, mais résultat ils ont tout de même dû changer une fixation une fois durant la rivière, et c’était peut-être pas forcément nécessaire pour un choc aussi petit.
Ci-dessous le catamaran 4 places de Anatole 1er, Viera, Anatole II et Philippe. De confection maison.

La fixation des barres alumium se fait par caoutchouc. Solide et très facile à changer. Tout atrès bien tenu durant les 9 jours de descente.
C’est plutôt les flotteurs qui ont dû subir des dommages et des réparrations régulières, mais les autres catamarans également.
Ci-dessous le catamaran de Yuri et Heleana, de confection artisanale (moins cher que ceux de marque mais tout de même confectionné par d’autres personnes). C’est du solide.
La fixation des barres se fait ici encore d’une autre manière, assez généralisée. Un anneau de corde est passé autour des deux barres qui se croisent, est torsadé pour le serrer à l’aide d’un petit bâton de fer, qui lui même est alors fixé le long de l’une des deux barres grâce à un second anneau de corde faisant pile-poil la largeur de la barre et du bâton réunis. Un peu pénible à enfiler, mais c’est la plus solide des trois façons de faire décrites ici.
Le kayak... il glande au soleil ;-)
Au fond et à droite, derrière Marina, nous apercevons encore deux catamarans en montage, celui de Eugene et Roman, tous deux visibles sur la photo en train de parler ensemble, et celui de Yvan et Dima 1er, de la marque RAFTMASTER (on en aperçoit juste un petit bout de couleurs rouge, blanc et bleu).
C’est alors l’embarcation comme prévu, mais avec une petite heure de rertard. Ca va. , il y a déjà eu pire dans les anales de la rivière.
La descente est un peu spéciale, mi bonnes vagues qui poussent (nous sommes le soir, donc gros débit), mi ça racle sur les pierres... en fait il s’agit d’un véritable labyrinthe à qui prendra le meilleur passage pour ne pas se retrouver coincé sur le lit de la rivière tellement l’eau est étalée de partout. C’est normal, il faut encore rejoindre le premier Canyon pour ensuite ne plus avoir ce problème. La descente dure environ 2 heures et le cadre est carrément spécial : cavaliers de la brume qui nous rattrapent et nous dépassent (nuage d’eau descendant en bas de la vallée), immenses murs de sable verticaux sur la droite, découpés par la rivière depuis des centaines d’années, premiers arbres...

Le premier canyon est beaucoup trop technique et surtout trop encombré de pleureurs à drossage ("drossage" signifie se faire coller par le courant contre un obstacle, mur ou rocher...), de rappels ou tout simplement de vagues trop dangereuses à l’eskimautage (trop de pieres affleurantes dans un courant très fort) et comme prévu par le guide rédigé deux an plus tôt par une autre équipe de catamarantistes russes, nous devons porter.

Les vagues sont carrément sucidaires, en tout cas à cette heure de la journée et à cette période de l’année. Peut-être OK en octobre, tôt le matin, mais pas aujourd’hui. Aucun regret donc.
Le lendamain matin, le vrai de la rivière commence. Le train de vague continuel est de classe III-IV, avec des rapides de classe IV.
Après deux rapides IV+ c’est l’approche du rapide "de Leningrad", ou rapide "Leningradski" en russe. Il est évalué à un petit V, ou peut-être un IV+ par d’autres, mais dure surtout plus de 2 Km. Et comme les catamarans décident de le passer sans sacs, nous les laissons à l’entrée pour revenir les chercher ensuite à pied. C’est l’occasion d’avancer par petites étapes avec les caméras et les appareils photos sur le bord.




Cette soirée là, nous avons rencontré les gardes-frontières qui crèchent en face. Cordial, pas de soucis.
Nous leur montrons nos passeports et nos visas pour le kazakhstan vide de tout tampon d’entrée (puisque nous sommes passé par un col inhabité) mais ils ne peuvent rien faire, n’ayant, surtout, pas le matériel nécessaire pour pouvoir nous tamponner cela. En plus, munis d’une sorte de feuille de route russe, nous sommes quasi officialisé, ou tout du moins presque intouchable (grâce aux relations passées ou actuelles entre les deux pays...). Ils nous disent d’aller voir leur collègue au village où nous nous arrêterons.