
Le plateau Ukok appartient à des rares territoires sur le continent dont le paysage n’a pas subi de grands changements et garde sa structure depuis l’Age de Glace.
La situation géographique du plateau dont le nom signifie "la Voie au Ciel", "le Mot du Ciel" ou "la Famille du Ciel" l’a mis sur la croisée des anciennes voies des migrations asiatiques et l’a fait une zone d’échanges culturels importante. C’est une région de nature et de climat unique, de paysage somptueux, c’est un territoire d’un riche héritage culturel des anciennes civilisations qui joue jusqu’à maintenant le rôle d’une frontière naturelle des civilisations.
Et ce n’est pas par hasard que c’est ici où se rencontrent les frontières contemporaines du Kazakhstan, de la Russie, de la Mongolie et de la Chine. La jonction se passe dans le massif Tabine-Bogdo-Oli (Cinq Pics Sacrés) nommé ainsi, selon une légende, par Tenguize-Khan. Ce massif représente aujourd’hui un ensemble glacial le plus grand de la Sibérie.
Le plateau Ukok étant un immense parc naturel restait fermé aux touristes pendant plusieurs décennies. C’est uniquement aux dernières années que le parc a ouvert ses portes aux visiteurs. Cette isolation naturelle et protection gouvernementale ont permis de préserver ici de grandes populations des animaux et poissons sauvages parmi lesquels les ours, les renards, les marmottes, les cerfs, les chevreuils, les panthères de neige, les chamois et les condors noires.
La découverte dans les années 90e des monuments de la culture de Patzir (8e siècle avant JC - 1e siècle après JC) fait le plateau célèbre. Les chercheurs de l’Institut d’Archéologie de l’Académie des Sciences de la Russie ont retrouvé et exploré un groupe de tertres situés dans la vallée d’Ak-Alakha qui avaient appartenu à l’élite de la société de Patzir.
Les inhumations à l’épaisseur de glace se sont très bien conservées et ont gardé en bon état même les plus petits objets comme, par exemple, la nourriture laissée au mort. Cette particularité étant très rare pour les monuments de telle ancienneté représente un intérêt particulier pour les archéologues.
Le plateau Ukok a offert au monde la perle archéologique des dernières années, la célèbre momie d’une femme nommée "la Princese d’Ukok" appartenant à la civilisation Patzir. La princesse avec un tatouage sacral en forme de griffon sur l’épaule gauche n’avait pas appartenu à aucune race mongolienne peuplée alors la région. Elle ressemblait par sa physique plutôt à une européenne. Trois chevaux de pelage roux dorés ont été enterrés avec elle. Son vêtement de soie indienne très fine était serré par une large ceinture rouge.
D’après les reconstructions archéologiques parmi les gens de Patzir le type européen était prédominé ce qui est une découverte extraordinaire, car aucune trace des civilisations européennes datant de cette période n’était pas connue avant dans cette région de l’Asie.
De multiples monuments historiques parmi lesquels des ensembles funèbres et de culte, des maisons, la penture rupestre et des statues ont été découverts au plateau. Le plateau Ukok est inclus dans la la liste de l’heritage naturel mondial de l’UNESCO.